Poète solitaire dans la ville endormie

Yannick

 

Il n’y a pas si longtemps quelque part au Québec là où dorment des loups solitaires
Les étoiles se sont éteintes la lune a disparu pollution d’un occident sans concession
Des meutes humaines ont hurlé dans la nuit le danger prévisible de devenir sédentaires
Inuits nomades fuyant le froid cabossés par la fonte de leur mode de vie en perdition

L’un d’eux un artiste s’est exilé pour échapper au cauchemar d’un ciel cimetière
Mais partout la voute stellaire n’est plus que noirceur de technologies en furie
Il est le poète témoin qui accueille puis enterre ses alexandrins sans une prière
Poème réminiscence des origines lorsqu’il écrivait au soleil après lui avoir souri

Maintenant il murmure des phrases qui sonnent sans intensité sans délicatesse
Forgeant le cercueil de sa lune invisible qui n’est plus qu’amalgame de la nuit
Ce soir il pressent la mort et essuie la suie tombée du ciel qui suinte sans cesse
Il erre sillonnant le parc des drones pour cibler les engins et taguer son ennui

Il est temps que la ville et son gri-gri dans son tempo métronome s’éveille
Le poète clochard doit disparaitre mais pas de toit pour l’inuit qui vit sous le pont
Etre à l’heure au rendez-vous avec la kermesse de ses terreurs sans sommeil
Il a peur de ne pas pouvoir finir son ultime poème plus de force pour faire front

Scrutant le sol calculant cherchant une pièce un billet pour boire un café se réchauffer
Machinalement il lève les yeux voit l’heure sur l’horloge qui indique la date du jour
Il pensait j’ai rendez-vous avec la mort qui n’a plus qu’à passer mais par sérendipité
Il voit que l’horloge avance de 24 heures il a le temps d’écrire sa rime avec toujours

Il se glisse dans son carton pas très kitsch à même le sol
Sans fausse note il finit pour Wiki l’hypertexte qu’il écrit
Fait des liens pour jouer numérique qui isole
Il a juste dit  »reset » quand la faucheuse l’a pris

Les lampadaires aériens sur Terre se sont allumés
La planète  a condamné et exécuté comme d’habitude
L’arc en ciel aux couleurs éternellement sublimées
D’un poète clochard imaginant rimer espace et zénitude

Sous un pont une femme violoniste compose elle a le virus
Pour un poème trouvé sous un carton mélodie pour stradivarius
Elle lit comment dans une vie un artiste un poète sans histoire
A désiré soulager l’angoisse des citoyens d’une nuit noire

 

La femme se déconnecte saisit un violon met une
musique
Pour les citoyens copie conforme des bips bips d’une planète
technologique
Au-delà du ciel la ville numérique sera la mémoire du
recueil
Qu’elle compose pour un poète envolé sans bravo
Auquel elle  murmure sol la si do

 « Écoute ta symphonie pour les étoiles qui t’accueillent »

Texte de Stéphan Mary
Photo Le zèbre, acteur Yannick Nédelec 

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